Mon papa à moi

Dernière mise à jour : mai 4


Mon papa à moi, il est comme cela

Il se transforme quelques fois

en un animal que je ne connais pas.

J’ai appelé ça : un Zigolin.


Lorsque je me réveille le matin

Je ne sais pas, si papa est bien

Ou si sera son autre personne

Qui chaque jour, un peu plus raisonne.


Ce Zigolin il est tout en couleur

Je ne sais jamais qu’elle sera son humeur.

Il est comme ma boîte de crayons

Il possède plus de 78 émotions.


Papa est fragile, toujours en équilibre.

Son alcool, c’est surement sa béquille,

Mais cela l’empêche de nuancer ses couleurs

Il ne parvient pas à équilibrer ses émotions.

Et Zigolin apparaît maintenant tous les matins.

Moi non plus, je ne sais pas colorier

Avec tous les crayons que l’on m’a donnés.

Alors quand c’est raté, je froisse mon papier.


Quand Zigolin nous blesse, l’émotion reste,

On ne peut la mettre de côté comme sa veste.

Ou son jouet, son livre, sa couleur préférée.

Sa bouteille est cachée, mais je sais que papa boit.

Que sa bouteille est quelque part par là.

Et autour de moi, on fait comme si de rien n’était

Comme si autour de nous tous allaient.


Mais moi, au fond de moi je sais.

Dis-moi papa, pourquoi tu fais cela?

Il est gentil mon papa à moi,

Mais il est bien malade des fois.

Est-ce qu’un jour il marchera droit ?

Est-ce qu’un jour Zigolin disparaîtra ?


Oui, papa part loin de moi dès demain

Dans un centre où il laissera Zigolin.

En chemin j’ai rencontré un garçon

Son papy à lui, il a surnommé Papon

Il m’a dit que l’alcoolisme est une maladie

Mais qu’il fallait que je me rassure, on en guérit.

Mais il faut faire attention toute sa vie.


Alors je m’en vais boire un bol de chocolat

À la santé de mon papa, en sa guérison, je crois.

Je l'aime ce papa-là. C'est mon papa à moi.

Et dans son centre, il pensera à moi

Et moi à lui, devant mon verre de chocolat.

Je l'aime ce papa-là, même s'il ne marche pas droit

C'est mon papa à moi. Je sais qu’il y arrivera,

qu’il apprendra à nuancer ses couleurs d’émotions

comme moi avec mes soixante-dix-huit crayons.

Et ensemble nous dessinerons une nouvelle histoire

Qui l’empêchera, je l’espère, de boire, de broyer du noir.







13 vues0 commentaire

Posts récents

Voir tout